Patrice Dupain, modèle amateur passioné par l’art et la photographie, nous ouvre les portes de son univers où la confiance en soi et la créativité se rencontrent. À travers son parcours unique, il partage avec sincérité son évolution, ses inspirations, et sa vision du rôle du modèle dans la création artistique. De ses premiers pas hésitants à ses collaborations marquantes avec des photographes de talent, découvrez le récit d’un homme qui a su transformer ses doutes en force et ses passions en véritables œuvres d’expression.


Pourquoi avez-vous choisi de vous lancer dans le mannequinat, et comment cela vous a-t-il aidé à prendre confiance en vous ?
J’ai toujours adoré le monde de la photographie, l’art de pouvoir capter une émotion, une autre manière de voir les choses. Faire ressortir le détail pour amoindrir l’évidence. Mais j’ai toujours été dans le rôle de spectateur. Jusqu’à mes 29 ans, j’ai beaucoup manqué de confiance en moi en ce qui concerne mon image, mon physique. Et j’avais envie de changer ça. Puis un photographe Bordelais m’a contacté, après avoir vu mes photos amateur sur mon compte instagram, et m’a annoncé vouloir me photographier. Instagram était déjà une espèce de thérapie pour avoir un regard extérieur sur ma personne, et ce photographe talentueux m’offrait l’opportunité de me voir autrement, sous son œil professionnel et bienveillant. Son but était de faire ressortir le meilleur en moi, et le mien de me livrer à un exercice compliqué mais bénéfique. Après les premières publications, d’autres photographes m’ont contacté, tous différents les uns des autres. La plupart sont de Bordeaux, un autre du Sud-est, et un talentueux photographe de Paris, qui m’a offert l’opportunité d’éditer mon propre magazine de nos shooting, ainsi qu’une exposition récente à Bruxelle.
Comment la région bordelaise a-t-elle influencé votre parcours ou vos opportunités ?
La région Bordelaise est une région riche en talents de photographes, en opportunité de mise en scènes, de lieux. Et c’était surtout une facilité pour moi de rencontrer des photographes Bordelais avant même de penser à un éventuel déplacement avec des coûts financiers que je n’étais pas prêt à assumer sans savoir si cela me plaisais. De plus, comme chaque grande ville n’est au finale pas si grande, beaucoup se connaissent dans chaque milieu respectif, et j’ai donc pu me rassurer avant de me lancer avec les premiers photographes en me rapprochant de connaissances ayant déjà collaboré avec eux. Ma région, ma ville, mon entourage, tout était réuni pour oser me lancer et commencer l’aventure de la photographie.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le fait de jouer avec votre image à travers l’objectif ?
Chaque photographe a une vision de moi même différente. Avant de se rencontrer déjà, au travers des photographies, et surtout de nos échanges. Lorsque la relation de confiance est établie et qu’on se laisse porter par le projet du photographe, par son intention de faire ressortir ce qu’il pense être le plus révélateur chez moi, c’est aussi s’analyser par ce qui ressort de la photo et des commentaires du public, et je trouve que c’est un exercice intéressant, excitant, et amusant.
Quelle importance accordez-vous à la relation entre le photographe et le modèle dans la réussite d’un projet ?
Avant de rencontrer un photographe, je mets un point d’honneur à discuter avec lui, par message, sur une certaine période. Nous discutons du projet, de ce que l’on fera du contenu, des attentes de chacun. Je regarde son travail existant. Cela me permet déjà de créer une relation de confiance. Pour moi, que ce soit imagé ou non, lors d’un shooting nous nous mettons a nu. Le photographe lis en vous, pour faire ressortir le meilleur. Et pour que cette lecture, cet échange soit une réussite, il ne faut pas être enfermé dans une retenue ou une gêne qui bloquerait toute émotion ou mise en scène. La confiance et l’envie commune sont donc primordiales selon moi dans une relation entre un photographe et un modèle. Et entretenir ce lien même après l’aboutissement du projet est intéressant, pour recollaborer et voir l’évolution ou le changement d’orientation de chacun au fil du temps.
Qu’est-ce qui vous motive à relever des défis ou à explorer de nouvelles expériences dans ce domaine ?
La photographie c’est se « mettre en danger » dans le sens où l’on s’expose, on se met en scène, toujours de manière différente, dans un contexte différent, avec un photographe donc une approche et une vision différente. C’est donc toujours une découverte, un dépassement personnel qui est intéressant et palpitant. J’en apprends toujours sur moi même.

Comment décririez-vous votre style en tant que modèle ? Y a-t-il des émotions ou des messages que vous cherchez à transmettre ?
J’avoue que je n’ai pas forcément de style propre à moi en tant que modèle. Ou en tout cas je n’en ai pas conscience. Pour le moment, j’ai toujours été mis en scène en fonction des attentes du photographe ou de ses projets. Je pense que ce qui ressort des shootings est que je suis capable de transmettre de la douceur en contraste avec la passion, de la fragilité corporelle en contraste avec la dureté. Dans le monde d’aujourd’hui, la photographie et l’image en particulier tendent à prôner les corps masculins ultra musclés, stéréotypés du « mâle viril sportif ». Et je cherche à transmettre une fois la barrière de ce stéréotype passé ces émotions, de fragilité dans la force réelle, d’amour, de sensualité.
Quel rôle jouent vos passions pour l’art, la peinture et la poterie dans votre manière d’aborder les séances photo ?
Malheureusement pour le moment, je n’ai pas eu l’opportunité de tout lier. J’ai des idées, en particulier avec la poterie et la peinture, cependant je me suis juste laissé porter par d’autres inspirations. Lier mes passions qui sont celles-ci, qui sont vraiment très personnelles, avec l’art de la photographie me plaîrait vraiment. La poterie mais surtout la peinture sont des projections concrètes d’un message, d’un sentiment, d’une émotion. Le transposer en photo serait une espèce de miroir entre la création, l’artiste en création, et l’artiste photographe.

Parmi vos collaborations, avez-vous une séance ou une galerie qui vous a particulièrement marqué ?
Tous mes shootings m’ont marqué et ont été de vrais moments sincères de partage. Mais un ressortira de tous les autres. C’est chez un photographe Parisien, qui m’avait invité à collaborer dans son studio. Il travail en noir et blanc, et fait un travail de mise en valeur et de jeu de lumière exceptionnel. Une fois arrivé chez lui, je me suis rendu compte que le lieu était minuscule, et je n’arrivais pas à voir comment il pouvait faire de telles photos dans cet endroit. Nous avons passé la matinée à faire des tests de personnalité, afin qu’il puisse me cerner. Comme dessiner un cochon sur une feuille blanche. Tout était… étrange, nouveau. Mais je sentais sa bienveillance, et surtout je voyais qu’il menait bien sa barque et au final tout avait du sens. L’après-midi, le shooting a commencé, et je suis plutôt assez long pour me détendre et réaliser des clichés qui peuvent être présentés. Il a pris sa première photo, me l’a montrée, et elle était magnifique. Ce fût d’ailleurs la photo de couverture du magazine qu’il m’a dédié. Et là j’ai compris que cet homme était un réel artiste, humain, et j’ai pu instantanément lâcher prise et avec son œil unique, cela a donné une série magnifique.
Comment abordez-vous une nouvelle collaboration avec un photographe ?
Comme dit auparavant, je mets un point d’honneur à bâtir une relation de confiance, à faire connaissance avant même de parler de projet. Savoir pourquoi il m’a contacté si c’est le cas, qu’est-ce qui lui a plu. Je regarde le travail du photographe, ces modèles. Puis à force de discuter, on s’oriente en général naturellement vers un projet commun, en fixant les limites de ce qui est réalisable ou non, et en discutant des choix de supports de diffusion. Je demande systématiquement un contrat, pour se protéger tous les deux.
Y a-t-il un type de projet ou un style photographique que vous aimeriez explorer davantage ?
Comme dit auparavant, j’aimerais beaucoup lier mes passions qui sont la poterie et la peinture, dans un shooting mettant peut être tout en scène, avec une mise en avant qui n’est pas focus sur moi mais sur cette passion. Quelque chose qui sort de l’ordinaire. Et ensuite, j’ai une envie de nature. Qu’est-ce qui peut être plus beau qu’un shooting dans la nature, toute nature confondue, mêlant le corps dans son plus simple appareil avec l’évidence de la simplicité et complexité de la nature.
Selon vous, qu’est-ce qui rend une photo vraiment impactante sur le plan émotionnel ?
Le regard est pour moi la fenêtre de l’âme, des sentiments, des émotions. Le décor est aussi important, c’est l’entièreté de l’œuvre qui va faire son travail, l’harmonie. Mais le regard capté au bon moment est pour moi un des facteurs clé pour transmettre une émotion.

Comment vous préparez-vous mentalement et physiquement pour incarner au mieux le sujet d’une séance photo ?
Côté mental, je fais en sorte d’être détendu, et surtout reposé. Je privilégie une alimentation légère avant le shooting, mais rien de frustrant non plus ; tout doit rester du plaisir. Un peu d’Uv si je me trouve livide, un peu de sport focalisé sur le buste avant la séance de shooting : et il n’y a plus qu’à !

Quels sont vos rêves ou vos objectifs à long terme en tant que modèle amateur ?
Je n’ai aucun objectif particulier lié à la photographie, si ce n’est rencontrer de nouveaux artistes, pour de nouveaux projets. Mon seul souhait est de continuer à découvrir de nouveaux univers à travers la photographie, rêver et pourquoi pas faire rêver. Et continuer à partager cette passion avec mon mari.
Si vous deviez donner un conseil à quelqu’un qui débute, quel serait-il ?
Il faut oser se lancer. La confiance en soi viendra plus tard petit à petit, ou peut-être jamais. Et auquel cas cela en fera des photos encore plus authentiques. Il faut oser faire confiance en l’autre, une fois que des règles bien précises sont établies avec le photographe, et qu’un contrat signé des deux parties le transcrit. Surtout, ne pas accepter n’importe quoi juste pour franchir le cap, mais faire ce dont on a envie. Et surtout s’amuser.


Patrice DUPAIN — Modèle • Bordeaux
Portfolio : patricedupain.bookfolio.fr


